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patamod_patronIls ne sont pas nombreux, mais leurs entreprises essaiment partout autour de vous. Ils tentent ce que d’autres n’osent pas entreprendre et dans leur univers l’audace paie. L’argent, cet étendard des temps modernes, proclame la réussite de ceux qui en ont à la fois dans la tête et dans les c…. Je les nomme les patrons borderline.

Vous n’avez pas tout compris ? Alors reprenons tranquillement. Il y a trois grandes catégories d’employeurs. D’abord les plus nombreux, ceux qui font preuve d’une relative bonne foi. Ils ressemblent au français moyen, ne respectent pas forcément toutes les règles, mais tiennent grosso modo compte des observations qu’on leur fait et ne commettent pas d’infractions excessivement graves. Ceux là ont peu de chances de se retrouver un jour devant les tribunaux.

A l’opposé, il y a ceux qui  collectionnent les manquements grossiers — qui ne déclarent pas leurs salariés et les envoient travailler seuls sur une toiture en fibro-ciment sans aucune protection ; qui ne sécurisent pas leurs chantiers, ne décomptent pas les heures de travail ou laissent leurs salariés travailler sur des machines non protégées malgré tous les avertissements des organismes de prévention. Pour eux, l’inspection du travail, avec ses modestes moyens, son manque de relais — notamment judiciaires — et l’indifférence relative dans laquelle elle opère, est encore à peu près adaptée. Ils ont des chances raisonnables (ce qui ne veut pas dire importantes) d’être poursuivis un jour et, si c’est le cas, en prendront plein pot à l’audience. Enfin rassurez vous : plein pot à l’échelle du droit du travail. De l’emprisonnement avec sursis et une amende, au pire. La loi Dati n’est pas encore passée par là.

Et entre ces deux catégories, les pires de tous, ces êtres suffisamment ingénieux, bien informés et sûrs d’eux pour asseoir leur fortune aux confins de la réglementation sociale, là où les règles se dissolvent dans leur propre complexité. Noir d’un côté, blanc de l’autre, où se situe la vérité ? Les repères se brouillent, les acteurs sont désorientés, les politiques fluctuent dans le temps, la justice s’enlise dans les méandres des affaires qui lui sont soumises, et l’inspecteur du travail se tient seul ou presque devant la brèche. Tout l’art de ces personnes consiste à exploiter les failles du droit pour mieux en travestir l’esprit sans jamais en violer la lettre de manière trop flagrante. Patrons borderline. Quoi de plus excitant que de se jouer allégrement des limites lorsqu’on est certain de gagner la partie ?

La suite dans les prochains jours…..

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